Qualité des rivières
dans le Rhône


Retour à la carte générale
Liste des rivières | Vauxonne

Vauxonne

Dans le cadre des campagnes de suivi sur les rivières du Rhône, le Département a souhaité faire réaliser une étude de la Vauxonne en 2008 à partir de 8 sites de prélèvement répartis sur l’ensemble des bassins versants (7 points sur la Vauxonne et un sur le ruisseau du Sallerin).

Présentation

La Vauxonne, rivière du haut Beaujolais, prend sa source à Saint-Cyr-le-Chatoux à partir d’un chevelu de ruisseaux à une altitude située entre 600 et 700 m d’altitude et conflue en rive droite de la Saône, à Saint-Georges-de-Reneins.
La longueur du cours d’eau est d’environ 18 kilomètres. Durant son parcours, la Vauxonne traverse sept communes.

Son bassin versant, qui couvre une superficie de 61,5 km, présente les caractéristiques géomorphologiques des Monts du Beaujolais (à détailler un peu).

L’occupation des sols est représentée essentiellement par des vignobles. Seul le secteur de la plaine proche de la Saône est couvert de prairies. Un relief accidenté et boisé est présent à la source. Ce mode d’occupation des sols induit au moment des pluies de forts et rapides ruissellements entrainant de grande matière en suspension dans la Vauxonne.

Assainissement

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

Sur le bassin, une grande partie de la population est raccordée à une station d’épuration.
Les communes se sont mobilisées et ont réalisé les travaux nécessaires pour diminuer l’impact des rejets au milieu naturel. Une station intercommunale de 12 500 Equivalent habitants au traitement par boues activées est implantée à St Etienne des Oullières. Cette installation traite aussi les effluents vinicoles.

Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Les autres villages du bassin et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

La situation piscicole

La Vauxonne est classée en 1ère catégorie piscicole sur tout son linéaire. Comme la plupart des rivières du Beaujolais, seul le secteur amont attire les pêcheurs en quête de truites sauvages. La partie avale offre moins d’attrait, perturbée par les activités anthropiques (viticulture, …). Le vairon, la loche franche, le goujon et le chevesne y remplacent la truite, trop sensible à la qualité du milieu. Chaque année, les associations de pêche soutiennent le peuplement piscicole par des introductions pour compenser les déficits créés par l’activité humaine.

-La qualité de l’eau

Qualité physico-chimique
Le secteur amont ainsi que le haut du cours moyen est de bonne qualité. Ce bassin versant, où l’agricluture est très présente, subit une pollution modérée à moyenne par les nitrates et les phosphates qui sont déclassants dans tous les cas, et dans une moindre mesure, par les matières en suspension qui excluent un classement de bonne qualité dans la partie amont. La qualité de l’eau se dégrade à l’aval de St- Etienne-les-Oullières où la qualité devient moyenne. Dans ce secteur, la Vauxonne rentre en sous écoulement et les débits plus faibles ne permettent plus une bonne dilution des effluents. La qualité reste moyenne jusqu’à la confluence dans un secteur plus urbanisé et influencé par les cultures maraîchères.
Le degré de contamination métallique dans la Vauxonne est assez élevé notamment dans la partie amont où la qualité est médiocre. De par les concentrations élevées en arsenic, on peut imaginer une origine à la fois naturelle et anthropique.

Qualité biologique
La Qualité biologique de la Vauxonne est moyenne à médiocre et rarement bonne. Seule la tête de bassin atteint l’objectif de bonne qualité. A partir de la confluence avec le Sallerin, la situation se dégrade nettement est devient médiocre puis reste moyenne jusqu’à sa confluence avec la Saône. Le ruisseau du Sallerin est de qualité biologique moyenne et bonne en physico-chimique malgré de faibles débits.

Évolution par rapport aux études antérieures

(Etudes 1995 et 2000)
La qualité de l’eau semble s’être nettement améliorée par rapport à l’étude de 1995 et 2000 mais les conditions hydrologiques ne sont pas les mêmes, il est donc difficile de conclure à une amélioration réelle et durable. Ce phénomène est particulièrement visible dans le cours aval. Les altérations responsables de la perturbation de l’eau sont identiques entre les études, nitrates, phosphates et matières en suspension.

Spécificité

La Vauxonne est une rivière du Beaujolais viticole. L’élaboration du vin nécessite beaucoup d’eau. Au fil des procédés de fabrication, cette eau se charge en sucres, couleur, tanins, acide tartrique, potassium ainsi qu’en alcool, glycérols et esters. Les effluents vinicoles rejetés dans la rivière consomment de grandes quantités d’oxygène pour dégrader la matière organique. Si la quantité d’effluent est trop importante, les poissons meurent par asphyxie.
Afin d’aider les viticulteurs à traiter leurs eaux de lavage pour qu’elles ne soient plus rejeter directement dans le milieu naturel, le Département du Rhône, l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, et la Région Rhône-Alpes ont mis en place un programme départemental pour le traitement des effluents vinicoles. La réalisation de ce programme devrait contribuer fortement à la réduction des pollutions vinicoles sur le secteur du Beaujolais.

Perspectives d’amélioration

Les rivières du beaujolais vont faire l’objet d’un contrat de rivières. Pour la première fois, l’ensemble des études et des actions ayant pour but de protéger les rivières du Beaujolais seront traduites dans un contrat, porté par le Syndicat mixte des rivières du Beaujolais (SMRB). Les études préalables sont en cours et la signature est attendue pour 2010.

Département du Rhône