Qualité des rivières
dans le Rhône


Retour à la carte générale
Liste des rivières | Sornins

Sornins

Dans le cadre du suivi qualité des cours d’eau conduit par le Département du Rhône, une étude de la qualité du Sornin a été menée en 2003 à partir de 9 sites de prélèvement répartis sur l’ensemble du bassin versant des Sornins.
Le Sornin possède trois branches principales : le Sornin de Propières, le Sornin de Saint-Igny-de-Vers et le Sornin d’Aigueperse.

Présentation

Le territoire de ce bassin versant au relief montagneux s’étend sur les départements du Rhône, près du Mont Saint-Rigaud (1009m), et de la Saône-et-Loire.
Dans le Rhône, ses sources sont multiples, toutes comprises entre 500 et 700 m d’altitude. Le bassin du Sornin est drainé principalement par 3 cours d’eau et leurs affluents :

  • Le Sornin d’Aigueperse,
  • Le Sornin de Propières,
  • Et le Sornin de Saint-Igny-de-Vers,

Les trois Sornins se rejoignent à proximité de la limite entre le département du Rhône et celui de la Saône-et-Loire pour former le Sornin proprement dit, qui se jette dans la Loire vers Charlieu. Il fait donc partie du bassin de la Loire.
Les trois Sornins sont de petites tailles (larges de 3 mètres au plus), et sont marqués par de fortes pentes (10% à 30%).
La majeure partie du bassin est situé sur un socle cristallin (granit, migmatites) avec par endroit des roches volcaniques, comme sur le haut bassin de Propières, rendant les eaux peu minéralisées.

Les Sornins connaissent globalement une bonne valeur écologique. Les cours d’eau alternent zones ombragées et ensoleillées.
Une ripisylve variée et abondante protège le milieu des effets néfastes du soleil provoquant l’eutrophisation. Des prairies et des bois recouvrent une grande partie du bassin et partagent l’espace avec des zones agricoles où l’élevage est prédominant et quelques terres labourables.
Ce secteur rural, éloigné du développement industriel et touristique, accueille quelques résidences secondaires. L’activité industrielle est très peu développée.

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau matières organiques, nitrates, phosphore).

Sur le bassin versant, les communes de Saint-Bonnet-des-Bruyères, Saint-Igny-de-Vers et Propières sont équipées de station d’épuration (respectivement, lit bactérien, lagunage et boue activée). Ces équipements ne sont toutefois pas récents et leur capacité de traitement est parfois insuffisante ou perturbée par les eaux pluviales. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Une partie des industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.
La majorité des habitations du bassin versant ne sont pas raccordées à un réseau public de collecte. La plupart des villages du bassin et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

Situation piscicole

Ces cours d’eau sont classés en 1ère catégorie, car les eaux fraîches de la haute vallée accueillent quantité de truites sauvages, vairons, loches franches, gougeons et chevesnes. De nombreux pêcheurs sportifs les fréquentent. En connexion directe, plusieurs étangs aux eaux moins fraîches attirent particulièrement tanches et gardons.

Qualité de l’eau

La qualité de l’eau (physico-chimique et biologique) des Sornins, de Saint-Igny-de-Vers, de Propières et du Vallon est bonne, avec une légère dégradation à l’aval des villages.
Le Sornin d’Aigueperse montre en revanche une pollution organique moyenne occasionnée par la station d’épuration de Saint-Bonnet-des-Bruyères. Sur ce cours d’eau l’auto-épuration n’est pas complète car l’existence d’autres rejets freine la récupération. Différentes pollutions sont constatées : matières organiques, azote, phosphore. L’azote sous forme de nitrate et le phosphore sont repérés dès la source mais leurs apports restent faibles, ils proviennent des rejets diffus de l’agriculture. Des rejets issus des fermes isolées, proches du cours d’eau ou encore des déjections animales peuvent justifier le caractère non optimal de la qualité en tête de bassin.

L’effet canicule

Lors de l’été 2003, l’échauffement des eaux a été excessif sur la plus grande partie de bassin. Le record de température (28,8°C) a été observé sur le Sornin de Propières à l’aval du plan d’eau.
Le débit d’étiage est particulièrement faible. La sécheresse, le pompage et le piétinement des bovins ont accentué les dégradations du milieu.

Evolution par rapport aux études antérieures

Par rapport à l’étude de 1996, la tendance générale exprime une certaine dégradation de la qualité dans le Sornin d’Aigueperse alors qu’une amélioration est perceptible dans les parties amont des Sornins de Propières et de Saint-Igny-de-Vers.

Perspectives d’amélioration

Les collectivités implantées sur le bassin des Sornins ont signé leur premier contrat de rivières en septembre 2008. De nombreuses opérations notamment sur la qualité de l’eau seront mises en œuvre de 2008 à 2012.
L’assainissement non collectif est géré par la communauté de communes du Haut Beaujolais. Les diagnostics sont actuellement en cours de réalisation. Ils permettront de cibler les installations défaillantes. Elles pourront ainsi être réhabilitées.
Une animatrice agricole renforce l’équipe chargée de porter le contrat de rivière. Elle interviendra auprès des agriculteurs afin de leur permettre d’améliorer la gestion de leurs effluents, et ainsi diminuer la quantité de nitrate dans les cours d’eau.

Département du Rhône