Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | Ozon

Ozon

Le suivi de ce cours d’eau a été réalisé à la demande du Département en 2009, année fortes chaleurs et avec l’absence de précipitations.
Les sites de prélèvements au nombre de 12 étaient répartis sur l’Ozon et l’Inverse, son principal affluent.

Présentation

Rivière du sud-est du département dont la source est située vers 350 m d’altitude sur la commune d’Heyrieux (Isère), l’Ozon draine un bassin versant de 69 km², qui s’étend sur une légère pente (8 à 5 pour mille).
Rejoint à la hauteur de Saint-Symphorien-d’Ozon par son principal affluent, le ruisseau de l’Inverse, il termine sa course en rive gauche du Rhône, à l’aval de Lyon.
Ce cours d’eau au contexte géologique particulier est situé sur une large nappe phréatique (ou aquifère) affleurante qui l’alimente, se traduisant ça et là par des à-secs ou des résurgences aux appellations différentes (Luyne, ruisseau de l’Ozon).

La densité de population est assez élevée sur l’ensemble du bassin versant.
En dehors des zones bâties, la plus grande partie des terres est occupée par l’agriculture, avec près de 40 % de terres labourables occupées par des cultures céréalières et maraîchères.
Tourisme et activité industrielle sont peu représentés sur le bassin, avec une exception en aval de Saint-Symphorien-d’Ozon, où diverses entreprises se sont installées.

La culture intensive à l’amont et le contexte semi-urbain à l’aval altèrent la qualité écologique du cours d’eau, dont les berges sont particulièrement érodées lors de très fortes précipitations.
L’influence des caractéristiques physiques (résurgences notamment) modère les effets de l’ eutrophisation accentués par une absence régulière de ripisylve.

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau ( matières organiques, nitrates, phosphore, …).

Les principales agglomérations du bassin sont raccordées sur la station d’épuration de Saint-Fons, à l’exception de la commune de Communay, qui était équipée d’un dispositif épuratoire jusqu’en mai 2003. Depuis, la commune de Communay est raccordée sur le traitement de Saint-Fons et a également contribué à la diminution du débit. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Une partie des industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.
Certaines habitations et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

Situation piscicole

L’Ozon est classée en 1ère catégorie (ou classe « Salmonicole »), car les eaux fraîches alimentées par la nappe accueillent quelques truites réintroduites mais surtout des vairons, chevennes, loches franches, gougeons et lamproies de planer. Les secteurs de fréquentation des pêcheurs sont limités par le contexte géologique et péri-urbain du bassin.

Qualité de l’eau

Étude 2009

Paramètres physico-chimiques
Différents indicateurs de pollutions chimiques ont été recherchés sur ce bassin : matières organiques, azote, phosphore et nitrate. Sur l’ensemble du bassin, les résultats sur les nitrates sont moyens à médiocres. Ces résultats sont vraisemblablement liés à une pollution chronique aux nitrates due à l’agriculture (culture céréalière et maraîchère) ainsi qu’à la qualité de la nappe.
Cette altération est le principal problème rencontré sur le territoire (ruisseau de l’Inverse). L’ auto-épuration n’est assurée que modérément par la rivière, en tête et sur la partie aval du bassin.
Les fortes chaleurs associées à une absence de précipitations estivales et aux canaux des drainages ont participé à un débit d’étiage soutenu. Sur certaines parties amont l’assèchement du cours d’eau a été si important que des mesures n’ont pu être faites.

Paramètres biologiques
La qualité biologique est « moyenne » à « médiocre » sur l’ensemble du bassin versant. Les secteurs les plus atteints sont l’Inverse et le ruisseau de l’Ozon. Les macro-invertébrés benthiques sont caractérisés par des groupements tolérants aux pollutions ainsi que par une faible diversité (dégradation des habitats). Les apports de fossés ou d’éventuels rejets non raccordés perturbent le milieu aquatique. Les faiblesses de la pente et des débits sont à l’origine du manque de courant, qui provoque un colmatage des fonds (par le dépôt de matières d’origine naturelle en suspension) donc un milieu inhospitalier pour la faune.

Produits phytosanitaires
Les analyses menées montrent une contamination assez modérée par le nombre de substances retrouvées et leurs concentrations. Les herbicides sont largement majoritaires et ont diverses origines (agricole et domestique). La qualité retenue est « bonne » à « moyenne ». Des substances interdites en France sont identifiées et présentes dans certaines stations (phénomène de rémanence).

Etude 2003

Paramètres physico-chimiques
Différents indicateurs de pollutions chimiques avaient été recherchés sur ce bassin : matières organiques, azote, phosphore. Sur l’ensemble du bassin, les résultats pour les nitrates étaient moyens, médiocres voire mauvais à l’amont de l’Inverse. Ces résultats étaient sans doute liés au grand développement des cultures et à la qualité de l’eau de la nappe, riche en nitrates. On constatait également la présence de matières phosphorées en fermeture de bassin. L’ auto-épuration n’était assurée que modérément par la rivière, en tête et sur la partie aval du bassin.
L’échauffement estival d’août 2003 avait eu peu d’impact sur ces eaux issues des résurgences.
Le record de température (24,1° C) a été observé sur la Luyne. La faiblesse des débits relevés sur certains secteurs avait pour origine la sécheresse mais aussi vraisemblablement les pompages directs dans la nappe.

Paramètres biologiques
La qualité biologique n’était pas satisfaisante sur l’ensemble du bassin. Les secteurs les plus atteints étaient l’Inverse, le ruisseau de l’Ozon et l’aval de l’Ozon. En effet, malgré l’arrêt du rejet de la station d’épuration de Communay sur l’Inverse, le cours d’eau garde la mémoire d’un fort apport en matières organiques. Les apports de fossés ou d’éventuels rejets non raccordés perturbaient le milieu aquatique. Les faiblesses de la pente et des débits étaient à l’origine du manque de courant, qui provoque un colmatage des fonds (par le dépôt de matières d’origine naturelle en suspension) donc un milieu inhospitalier pour la faune.

Évolution par rapport aux études antérieures

Par rapport à l’étude de 1997 et de 2003, les qualités organiques et trophiques montrent une dégradation sensible sur certains secteurs.
Ces perturbations montrent qu’elles sont influencées par les caractéristiques physiques plutôt que par une pollution d’origine chimique. En 2009, la qualité physico-chimique s’est nettement améliorée (pour le phosphore, l’azote et les matières organiques) bien que les teneurs en nitrates n’aient pas évolués.

Spécificité

Les cressonnières font partie intégrante de l’histoire et de l’identité de Saint-Symphorien-d’Ozon, où la culture du cresson a commencé dans les années 1920. Grâce à la forte hygrométrie des terrains et aux résurgences de la nappe, les sources naturelles étaient canalisées dans des bassins où était planté le cresson. Ensuite, des puits artésiens ont permis de faire remonter l’eau de la nappe sous pression. Dans les années 1950, on dénombrait une cinquantaine d’exploitations à Saint-Symphorien-d’Ozon, soit dix fois plus qu’aujourd’hui.

Perspectives d’amélioration

La mise en place de réseau d’assainissement performant (raccordement de Communay, élimination progressive des rejets diffus) aura un effet positif sur la qualité de l’eau.
Le bassin de l’Ozon ne fait pas l’objet d’un contrat de rivière mais il est inclus dans le périmètre du SAGE de l’Est Lyonnais. La mise en œuvre de cette démarche et de son outil opérationnel (un contrat de milieu à l’échelle de tout l’Est lyonnais) vont permettre d’améliorer la connaissance de ce bassin versant et de ses zones humides et de proposer des actions de gestion en concertation avec les acteurs concernés.
Des pistes de réflexion sont proposées : poursuivre les efforts fournis sur l’amélioration des pratiques culturales et avoir une connaissance plus approfondie du contexte hydraulique et hydrogéomorphologique (étude prévue dans le courant de l’année 2010).

titre documents joints

Département du Rhône