Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | Les Ravins rhodaniens La Vézérance – le Bassenon – l’Arbuel

Les Ravins rhodaniens La Vézérance – le Bassenon – l’Arbuel

Le Département du Rhône a souhaité en collaboration avec l’Agence de l’eau que le suivi qualité des rivières soit consacré aux ravins rhodaniens en 2005. Les cours d’eau de la Vézérance, du Bassenon et de l’Arbuel ont fait l’objet de 14 sites de prélèvement répartis sur l’ensemble des bassins versants.

Présentation

Les ravins rhodaniens d’une surface totale voisine de 150 km² sont composés d’une quinzaine de petits bassins dont la taille de chacun n’excède pas 30 km².
Les principaux cours d’eau sont, du Nord au Sud, le ruisseau du Morin, le ruisseau Rolland, le ruisseau du Sifflet, le ruisseau du Nid, la Vézérance, le ruisseau de la Madinière, le ruisseau du Reynard, le Bassenon et l’Arbuel. La plus grande partie des ravins rhodaniens se situe dans le Parc Naturel Régional du Pilat.

Ces bassins offrent des parcours pédestres agréables, ombragés, traversant des prairies, des bois par endroit très encaissés, certain possèdent une très bonne valeur écologique.
Du point de vue de la topographie, trois secteurs peuvent être distingués :

  • plateaux et collines à relief peu accentué dans la partie orientale de la zone étudiée. L’altitude est généralement comprise entre 300 et 500 mètres. Le degré d’encaissement des vallées est faible à l’Est et devient plus marqué au fur et à mesure que l’on s’approche du Rhône.
  • plaine alluviale du Rhône où l’altitude est inférieure à 200 mètres.
  • talus entre les deux secteurs précédents, formant des coteaux où les vallées sont très encaissées.

La plus grande partie des ravins rhodaniens se trouve sur des terrains cristallins et métamorphiques. Entre Semons et St-Romain-en-Gal, des terrains sédimentaires du tertiaire et du quaternaire (cailloutis emballés dans une matrice argilo-limoneuse ou argilo-sableuse, loess et limons) sont également présents.

Activités humaines et occupation des sols

La population est principalement concentrée le long de la vallée du Rhône, dans les agglomérations de Condrieu, Ampuis, Sainte-Colombe, Saint-Romain-en-Gal et Loire-sur-Rhône. Les deux principales zones agglomérées en dehors de la vallée du Rhône concernent d’une part les lotissements de Saint-Cyr-sur-le-Rhône (Lacat, Pinodières, le Mont…) et le bourg des Haies.
L’agriculture est bien développée sur les plateaux de la partie orientale de la zone d’étude, avec des terres labourables qui sont plus étendues que les prairies.

Les coteaux entre Saint-Cyr-sur-le-Rhône et Condrieu sont en grande partie occupés par de la vigne. Les bois se trouvent sur les plus hauts sommets (à l’extrême Est de la zone d’étude, sur les bords des vallées encaissées et sur les coteaux en bordure de la vallée du Rhône entre Saint-Cyr-sur-le-Rhône et Givors).
Les industries sont peu nombreuses et elles sont concentrées dans la vallée du Rhône où elles ne concernent donc pas ou peu les cours d’eau des ravins rhodaniens.

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

Les agglomérations de la vallée du Rhône sont généralement raccordées aux stations d’épurations de Saint-Alban (Condrieu) ou de Vienne (Ampuis, Saint-Cyr-sur-le-Rhône, Sainte-Colombe et Saint-Romain-en-Gal). Pour les autres secteurs d’habitations agglomérés, il existe une station d’épuration pour le bourg des Haies et une petite unité d’épuration pour les lotissements de Lacat et des Pinodières (commune de Saint-Cyr-sur-le-Rhône).
Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Une partie des grosses industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.

Les autres villages du bassin et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

Situation piscicole

La pêche est peu développée en raison de l’extrême faiblesse du débit en été, bien que l’ensemble du linéaire soit classé en première catégorie piscicole. Sont présentes sur les bassins l’APPMA de Givors et la Société de pêche de l’Arbuel et du Verdon.

Qualité de l’eau

D’une vue générale, les parties amont des ruisseaux du Nid, du Bassenon, des Echarpies (affluent de l’Arbuel), des Haies, de la Vézérance et de l’Arbuel sont de bonne qualité. Elles permettent le développement de l’écrevisse à pieds blancs (Austropotamobius pallipes), espèce patrimoniale protégée, bien représentée dans le secteur. L’amont du ruisseau du Nid, a été choisi pour constituer une référence de secteur.
Cependant, l’absence d’espèces de macro-invertébrés polluo-sensibles traduit une qualité non optimale. Cette situation peut être liée à l’existence d’une légère pression polluante d’origine anthropique et à la grande faiblesse des débits qui favorise les accumulations de matières organiques naturelles (litière). La présence de bovins en tête de bassin peut avoir une influence sur la qualité des eaux.
Sur le linéaire intermédiaire, des perturbations affaiblissent la qualité. Les teneurs en nitrates et en matières organiques et oxydables, sont révélatrices de la dégradation. Cela s’explique soit par la présence de retenue collinaire comme sur l’Arbuel, soit par des défauts d’assainissement sur le ruisseau des Haies. La situation est accentuée sur le Bassenon avec un élément supplémentaire, le phosphore, provenant des rejets domestiques des Haies. Ici la qualité est médiocre voire mauvaise. Le tronçon intermédiaire de la Vézérance est marqué aussi par une pollution moyenne apportée sans doute par les rejets des lotissements de Saint-Cyr-sur-le-Rhône.
A l’aval, les tronçons dégradés de l’Arbuel et du ruisseau des Haies révèlent une nette amélioration de la sensibilité. La qualité hydrobiologique retrouve un bon niveau malgré une récupération en physico-chimie très lente. Ce n’est pas le cas de la Vézérance qui, jusqu’à son exutoire dans le Rhône, reste médiocre.

Débits

L’étiage de l’année 2005 (période des observations) est particulièrement sévère, le déficit hydrologique est très marqué avec un débit minimal observé faible, voire très faible (inférieurs à 40 % de la moyenne). Les relevés mensuels montrent un déficit hydrologique de 10 mois sur 12.
Seuls les mois de janvier et d’avril sont excédentaires.
En été, à certains endroits comme sur l’Arbuel, le lit est complètement sec à l’amont de la retenue de la Couronne et quasiment nul à l’aval. A son entrée dans la plaine du Rhône, le débit superficiel est un peu plus élevé qu’à l’amont mais à nouveau il se réduit quand une partie de l’écoulement s’enfonce dans les alluvions du Rhône. Ce phénomène est particulièrement net dans la traversée de Condrieu. De plus, les pompages agricoles situés sur ces bassins, participent aussi à l’affaiblissement des débits.
Un ensoleillement important concerne les parcours aval de l’Arbuel et du Bassenon pour la partie située dans la plaine du Rhône. L’altération la plus pénalisante est la température, éventuellement accompagnée dans le cas de l’Arbuel, de proliférations végétales.

Spécificité

Les valeurs de conductivité (411 et 408 µS/cm) de Calcium (61 mg/l) et de Magnésium (6,1 mg/l) sont voisines de celles rencontrées dans les zones calcaires et constituent un niveau élevé de minéralisation de l’eau compte tenu des formations géologiques du secteur (terrains cristallins et métamorphiques, formations tertiaires dites de Chambaran), qui ne sont pas particulièrement riches en calcaire. L’explication est liée au fait qu’il existe dans le secteur d’étude des méta-greywackes, qui sont des roches métamorphiques riches en épidotes (donc en Calcium) et en grenats calciques.

Perspectives d’amélioration

A ce jour, ce secteur ne fait pas l’objet de contrat spécifique comme le contrat de rivière.
Malgré tout, deux plans de gestion d’entretien et de restauration ont été mis en œuvre entre 2000 et 2006 sur l’Arbuel et le Bassenon dans le cadre du dispositif « brigades vertes » mis en place par le Département du Rhône. Ces restaurations ont permis, en partie, d’augmenter la diversité des écoulements avec une meilleure oxygénation des eaux ainsi que l’amélioration de l’habitat piscicole.

Département du Rhône