Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | Le Rhins (ou Reins) et la Trambouze

Le Rhins (ou Reins) et la Trambouze

Le Département conduit un suivi qualité des cours d’eau en collaboration avec l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. En 2000, ce suivi a concerné la Vauxonne et les rivières du Rhins et de la Trambouze à partir de 18 sites de prélèvement répartis sur l’ensemble du bassin versant.
Certains affluents ont été investigués comme le ruisseau de Saint-Jean, la Drioule, le Rançonnet et le Mardoret.

Présentation

Dans le Rhône, le bassin versant du Rhins se situe sur la partie nord-ouest des Monts du Lyonnais ; sa superficie est de 114 km². Il appartient au grand bassin de la Loire. L’occupation des sols est dominée par des prairies sur un relief montagneux. Sur les hauteurs, la prairie fait place à une couverture de forêt de résineux.
Le Rhins prend sa source à 750 m d’altitude, dans la forêt de Foupeysson. Son linéaire est de 24,5 km dans le Rhône. Il reçoit plusieurs petits affluents d’une bonne valeur écologique.
La Trambouze est l’affluent le plus important, elle rejoint le Rhins dans le département de la Loire.

Assainissement

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

Sur le bassin versant très rural, les effluents domestiques sont recueillis en général par de petites stations d’épuration. Ces stations sont anciennes et leur traitement devient insuffisant. Plusieurs réhabilitations de réseaux ou de stations sont programmées. Les systèmes épuratoires d’Amplepuis et de Bourg de Thizy sont de plus grande capacité pour récupérer les effluents industriels. Depuis 2008, ces deux villes sont traitées sur une grosse station d’épuration de 75 000 EH. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Une partie des industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.
Les autres villages du bassin et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

La situation piscicole

La Trambouze est classée en 1ère catégorie sur tout son linéaire mais n’est fréquentée que sur le haut du bassin. Truites, vairons et chabots peuplent le cours d’eau en amont de Cours-la-Ville.
Le Rhins et ses multiples affluents sont également de 1ère catégorie et possèdent une bonne valeur écologique en amont du lac des Sapins. Un peuplement piscicole de qualité avec la présence de truites, vairons, chabots, loches et lamproies de planer, évoluent dans un environnement préservé. Quelques écrevisses à pieds blancs colonisent même certains secteurs de grande qualité.

Le lac des Sapins , d’une superficie de 40 Ha, installé sur le cours du Rhins, offre un peuplement différent, typique de la 2ème catégorie. On y trouve surtout la carpe, la tanche, le gardon, la perche et le brochet, mais également quelques truites qui migrent entre la rivière et le lac.

La qualité de l’eau

Qualité physico-chimique
Toutes les mesures évoquent les mêmes points de perturbation. On notera parmi les plus importants, un bruit de fond de pollution par les nitrates. Au vu des efforts consentis pour la collecte et le traitement des eaux usées, l’origine est peut-être à rechercher dans l’activité agricole. On peut également penser qu’avec les importantes précipitations ayant eu lieu au cours de l’été 2000, les eaux de ruissellement et d’infiltration se sont saturées en nitrates. Par ailleurs, les stations d’épuration de Thizy, Amplepuis et Saint-Jean-la-Bussière entraînaient une dégradation du milieu, respectivement dans la Trambouze, le Rhins et le ruisseau de Saint-Jean.
Les stations de Thizy et d’Amplepuis, qui montraient une insuffisance de traitement pour les matières organiques et oxydables, l’azote et le phosphore, ont été mises hors service : les effluents sont désormais raccordés sur la grande station d’Amplepuis-Thizy, inaugurée en 2008.
La station de Saint-Jean-la-Bussière sera également mise hors service à terme.
Par ailleurs, le Rançonnet est le milieu récepteur d’un rejet domestique et/ou industriel qui entraîne une pollution des eaux dans la traversée d’Amplepuis.
La qualité passable observée par les mesures de recherche de micro-polluants métalliques est d’origine anthropique pour l’arsenic et le chrome en aval de la zone industrielle d’Amplepuis.

Qualité biologique
La qualité biologique des cours d’eau est concordante avec la qualité physico-chimique, excepté sur le Mardoret où la mauvaise qualité traduit l’existence d’autres perturbations.

Évolution par rapport aux études antérieures

Une étude a été réalisée par le Service Régional de l’Aménagement des Eaux Rhône-Alpes Lyon (SRAE RA) en 1990. La comparaison des données de 1990 et 2000 permettent d’apprécier l’évolution. Sur le Rhins, la qualité reste inchangée, bonne, avec un déclassement par les nitrates, de la source aux « Filatures ». On note une amélioration sur l’aval, notamment avec le gain d’une classe de qualité au niveau « Les Tuileries ». Les rejets de la station d’épuration d’Amplepuis dégradaient le milieu de manière importante, en 1990, surtout par des teneurs en matières phosphorées, alors qu’en 2000, le dysfonctionnement de la station se faisait plutôt sentir sur les matières organiques et oxydables et les matières azotées. Cette situation devrait être améliorée par la mise hors service de la station. La qualité est inchangée pour les affluents Drioule et Rançonnet. A noter néanmoins pour la Drioule une amélioration de la qualité pour les altérations azotées et matières phosphorées.

Spécificité

Depuis la deuxième partie du 18ème siècle, l’eau des rivières Rhins et Trambouze a été utilisée comme énergie pour entraîner les machines de l’industrie textile. La ville de Cours était réputée pour sa fabrication de couvertures produites à partir de déchets textiles. La transformation de ces déchets en bourre puis en fil permettait de fabriquer des couvertures à bas prix vendues dans le monde entier. (Ecomusée du Haut-Beaujolais-Thizy)

Perspectives d’amélioration

Un deuxième contrat de rivière est en cours d’élaboration. Le dossier sommaire de candidature a été agrée le 1er décembre 2006. Les études préliminaires sont désormais réalisées. Le contrat de rivière devrait être signé à la fin de l’année 2010. Il sera porté par le Syndicat Rhins Rhodon Trambouzan et affluents (SYRRTA), à cheval sur le Rhône et la Loire.
Le regroupement des effluents des principaux bourgs de la vallée sur la nouvelle station d’épuration installée à l’aval de St Victor-sur-le-Rhins devrait avoir des impacts positifs sur la qualité des eaux. Cette station a été mise en service en 2008.

Département du Rhône