Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | Le Morgon et le Merloux

Le Morgon et le Merloux

Dans le cadre du suivi qualité des cours d’eau conduit par le Département du Rhône, une étude a été effectuée en 2007 sur l’état général de la qualité des eaux des bassins versants du sud Beaujolais : Marverand, Nizerand et Morgon. 28 sites répartis sur l’ensemble des bassins versants dont 15 points répartis sur le Morgon, le Merloup -son principal affluent-, les ruisseaux de Pouilly et de Gleizé et la Galoche.

Présentation

Le bassin du Morgon se situe à l’est du département au niveau de Villefranche-sur-Saône avec une superficie de 7km-. Le Morgon prend naissance dans les coteaux du Beaujolais, près du col du Châtoux à une altitude de 704 m. Long de 16 Km, il conflue avec la Saône après que le Merloup, son principal affluent l’a rejoint à Gleizé.

Le Morgon et le Merloup traversent les vignobles de la partie amont, très abrupte, jusqu’à l’entrée dans Villefranche-sur-Saône. Ne formant plus qu’un, il devient un cours d’eau urbain parfois canalisé.

Assainissement

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

Sur le bassin versant, les communes de Lacenas, Villefranche-sur-Saône et Pommiers sont équipées de dispositifs d’épuration. La station de Pommiers est récente, celle de Villefranche-sur-Saône a été restructurée (agrandissement, amélioration du traitement). Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Une partie des grosses industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.

Les autres villages du bassin et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

La situation piscicole

C’est juste avant d’entrer dans l’agglomération caladoise que les deux bras du Morgon et du Merloup se rejoignent pour ne former qu’une seule rivière. Tous deux classés en 1ère catégorie piscicole, leur peuplement se compose de truites fario, vairons, gougeons, chevesnes. Pratiquement les seuls cours d’eau du département s’écoulant sur une roche calcaire, il en résulte une richesse biologique remarquable. La truite y trouve une nourriture abondante lui permettant de prospérer dans ces deux jolis ruisseaux incontournables pour la pêche en Beaujolais. (Source : Fédération Départementale de Pêche du Rhône).

La qualité de l’eau

Année 2007
La qualité physico-chimique a pu être surestimée en raison des conditions hydrologiques particulières de la saison estivale qui ont favorisé une meilleure dilution des effluents. Il résulte cependant une dégradation par les nitrates sur l’ensemble du bassin Morgon-Merloup. Cette altération du milieu est principalement liée aux rejets d’origine agricole de la partie amont. On note une amélioration sensible de la situation à l’aval de Liergues, sur le Merloup, car le cours d’eau n’est plus soumis aux rejets de la station d’épuration. Cependant, il existe toujours des rejets dans ce secteur avec l’augmentation de la charge organique qui provoque l’apparition de Sphaerotilus. Les améliorations des process de la station de Villefranche-sur-Saône ont permis la diminution des concentrations de phosphore dans le milieu. Le ruisseau du Petit Gleizé reste un point critique et montre une forte altération du milieu par l’azote et le phosphore.
La qualité biologique* confirme et accentue négativement les notes de la qualité physico-chimique. Sur le Merloup, sur les huit sites de prélèvement, 2 sont de « bonne » qualité, 3 dites « moyenne » et 3 « médiocre ». Le Morgon est représenté pour 7 stations, une « très bonne », 2 « bonne « , 3 « moyenne » et une « médiocre ».

Année 2002
La qualité physico-chimique et biologique du Morgon était bonne jusqu’au niveau de Lacenas. Ensuite, la présence d’activités humaines perturbant modérément le cours d’eau jusqu’à sa confluence avec le Merloup, la qualité en était affectée.
Le ruisseau du Petit Gleizé rejoint le Morgon sur cette partie du linéaire. Cet affluent, est fortement chargé en pollution azotée et en matières organiques. Il recevait le rejet de la station d’épuration de Lacenas-Bionnay qui a été mise hors service en juin 2008. Les effluents sont désormais raccordés à la nouvelle station de Denicé – les Bruyères.
Le Merloup montrait une perturbation par les nitrates dès l’amont provenant des rejets diffus de l’agriculture (polyculture, prairies). De plus, la qualité hydrobiologique est mauvaise. Les formes de pollutions sur la rivière sont l’azote, le phosphore et les produits phytosanitaires. Les rejets domestiques riches en matières organiques sont une dégradation supplémentaire en azote et phosphore que l’on retrouve au niveau de Liergues, Lacenas et Villefranche sur Saône.
La qualité biologique est fragilisée par la nature des sols et du relief. Le ruissellement sur les terrains en pente et leurs érosions entraînent le sable et le limon dans le cours d’eau et colmatent les fonds. Les divers habitats de la faune aquatique disparaissent ainsi. Ce ruissellement entraîne aussi les produits phytosanitaires toujours actifs dans le cours d’eau. La viticulture n’est pas la seule activité qui génère des produits phytosanitaires. Les jardins des particuliers, les parcs, la voirie, les voies ferrées sont aussi des sources potentielles de pollution.

Évolution par rapport aux études antérieures

En conclusion, si la situation biologique reste stable et correcte, la situation physico-chimique ne semble guère avoir évoluée par rapport à l’étude de 2002 et reste préoccupante. Ainsi, les points critiques et les composés mis en cause restent inchangés. Les cultures sur un relief abrupt associées au ruissellement constituent la particularité difficilement contrôlable de ce bassin.

Spécificité

Le Morgon est une rivière du Beaujolais viticole. L’élaboration du vin nécessite beaucoup d’eau. Au fil des procédés de fabrication, cette eau se charge en sucres, couleur, tanins, acide tartrique, potassium ainsi qu’en alcool, glycérols et esters. Les effluents vinicoles rejetés dans la rivière consomment de grandes quantités d’oxygène pour dégrader la matière organique. Si la quantité d’effluent est trop importante, les poissons meurent par asphyxie.

Afin d’aider les viticulteurs à traiter leurs eaux de lavage pour qu’elles ne soient plus rejeter directement dans le milieu naturel, le Département du Rhône, l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, et la Région Rhône-Alpes ont mis en place un programme départemental pour le traitement des effluents vinicoles. La réalisation de ce programme devrait contribuer fortement à la réduction des pollutions vinicoles sur le secteur du Beaujolais.

Perspectives d’amélioration

Les rivières du beaujolais vont faire l’objet d’un contrat de rivières. Pour la première fois, l’ensemble des études et des actions ayant pour but de protéger les rivières du Beaujolais seront traduites dans un contrat, porté par le Syndicat mixte des rivières du Beaujolais (SMRB). Les études préalables sont en cours et la signature est attendue pour 2010.


Carte à venir

Département du Rhône