Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | Le Garon

Le Garon

Dans la cadre des campagnes de suivi de la qualité des rivières du Rhône, le Département a retenu le Garon pour étude en 2006. 26 sites de prélèvement répartis sur l’ensemble du bassin versant du Garon et de son principal affluent le Mornantet ont été étudiés.

Présentation

Le bassin versant du Garon est situé au sud-ouest du département du Rhône dans les Monts du Lyonnais et draine une superficie de plus de 200 km² grâce à 130 km de rivières et ruisseaux. Ce bassin versant repose sur des roches cristallines et cristallophylliennes dans sa partie amont et sur des alluvions fluviatiles dans sa partie aval à l’approche de la vallée du Rhône.
Le Garon prend sa source à quelques kilomètres en amont de Thurins et conflue après un parcours d’une trentaine de kilomètres avec le Rhône (rive droite) au niveau de Givors. Il compte de nombreux affluents comme l’Artilla, le Rontalon, le Furon, le Merdenson, dont le principal est le Mornantet qui draine à lui seul plus de 75 km² du bassin.
Dans la partie amont du bassin versant, l’agriculture est très présente avec notamment la culture des fruits, des céréales mais aussi l’élevage. Dans la basse vallée, l’agriculture laisse sa place à une urbanisation plus intense ce qui aboutit à une forte anthropisation des cours d’eau (rejets multiples, artificialisation des berges, etc.) On note aussi la présence de plusieurs zones industrielles dont celle de Brignais et de Chassagny.

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

Toutes les communes du bassin disposent d’un système d’épuration des eaux usées, soit par un système autonome, soit par connexion à un collecteur d’assainissement intercommunal.

Ainsi, plus de 50% d’entre elles sont raccordées à la station d’épuration de Givors, trois communes (Brindas, St-Genis-Laval, Chaponost) sont reliées à la station de Lyon Pierre-Bénite et une commune (St-Maurice-sur-Dargoire) est reliée à la station d’épuration de Rive-de-Giers.
Enfin, trois communes situées dans la partie amont du bassin versant (Thurins, Messimy et Soucieu-en-Jarrest) dépendent de la station d’épuration de Messimy. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.
Une partie des industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.
En plus des équipements intercommunaux, un quart des équipements d’épuration sont toujours communaux : certains d’entre eux, obsolètes jusqu’à présent (ex : Saint-Sorlin, Saint-Didier-sous-Riverie,...) sont en cours de réhabilitation (fin des travaux prévus en 2010 pour Saint-Sorlin, et en 2011 pour Saint-Didier-sous-Riverie). D’autres sont récents comme la station d’épuration de Rontalon (2003).

Lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

Qualité de l’eau

La qualité physico-chimique générale de l’eau dans le bassin versant n’est jamais « bonne » ni « très bonne ». Elle est au mieux « moyenne » dans les têtes de bassin du Garon et du Mornantet.
Ces secteurs sont déjà fortement impactés par une pollution aux nitrates qui est d’ailleurs une constante dans les deux sous-bassins.
La pollution par les phosphates est aussi très marquée dans le bassin versant où ce paramètre est déclassant pour plus de la moitié des stations (15/25).
Les stations d’épuration, qui caractérisent généralement ce type de pollution, ont un impact déjà important dans les affluents situés en tête de bassin : l’Artilla, le Rontalon ou le Fondagny, où la qualité est souvent « médiocre ».
Le Ruisseau des Condamines est l’un des points les plus critiques du bassin versant, contaminé à la fois par les phosphates , les nitrites et l’ammonium.
Le Broulon est aussi de « mauvaise » qualité en raison de l’absence d’écoulement dans le secteur amont.
La station d’épuration de Messimy est aussi un point critique sur le Garon car la pollution phosphatée devient le paramètre le plus déclassant jusqu’à la zone d’assèchement à Vourles, alimentée certainement par les fortes pressions urbaines dans ce secteur. Une réflexion a été engagée entre le maître d’ouvrage, l’exploitant et la police de l’eau pour améliorer la qualité des rejets sur le paramètre phosphore.

La qualité biologique est moyenne sur l’ensemble des stations. Mais il existe cependant une grande amplitude entre la plus basse obtenue sur le Broulon et la plus élevée obtenue à la station du Garon amont.
Les investigations montrent que le bassin du Mornantet est de moins bonne qualité hydrobiologique que le bassin versant du Garon.
La qualité biologique de l’eau ne devient toutefois jamais « mauvaise ». Plus de la moitié des points de prélèvement obtiennent au minimum une « bonne » qualité biologique des eaux. En revanche, 12 d’entre eux ne sont pas conformes à une bonne qualité biologique.
En référence aux objectifs de qualité des eaux fixés pour les différents cours d’eau du bassin versant du Garon, la situation 2006 traduit encore l’existence de nombreux écarts.

Évolution par rapport aux études antérieures

Par rapport à l’étude de 1997, les classes de qualité sont dans l’ensemble cohérentes puisque 9 stations sur 13 ont une variation inférieure ou égale à 1 point.
Par rapport aux données de 1977 (Chavanon & Pattee, 1978), le fait majeur (déjà constaté en 1997) est la très nette régression des espèces polluo-sensibles qui se trouvent cantonnées à l’amont du bassin versant, tant en terme de variété que d’abondance.
En conclusion, si la situation biologique reste stable et correcte, la situation physico-chimique ne semble guère avoir évoluée par rapport à l’étude de 1997 et reste préoccupante. Ainsi, les points critiques et les composés mis en cause restent inchangés.

Perspectives d’amélioration

Le Garon a fait l’objet d’un premier contrat de rivières de 2000 à 2006. Une deuxième procédure de contrat est en cours d’élaboration. Ce deuxième contrat devrait être signé fin 2010 pour une période de mise en œuvre de 5 ans. Les objectifs de qualité du Garon sont pris en compte dans le cadre des études complémentaires (20) et donneront lieu à des actions d’amélioration dans le cadre de ce deuxième contrat.

Département du Rhône