Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | La Coise

La Coise

Dans le cadre de la politique environnementale du Département du Rhône, celui-ci a décidé de conduire un programme de suivi de la qualité des cours d’eau de son territoire. En 1999, des investigations ont été faites sur l’ensemble du bassin versant de la Coise et de ses affluents (Ruisseau de la Platte, le Potensinet, la Maladière, la Gimond) à partir de 10 sites de prélèvement.

Présentation

Le bassin versant de la Coise, d’une superficie totale de 420 Km², s’étend sur les départements du Rhône et de la Loire.
La Coise prend sa source dans les Monts du Lyonnais (formation cristalline) à 815 m d’altitude. Elle présente dans le département du Rhône un réseau hydrographique assez dense qui draine des collines aux reliefs marqués.
La Coise quitte le département du Rhône à l’aval de St-Symporien-sur-Coise et conflue avec la Loire dans la plaine du Forez. Son linéaire représente 50 Km en totalité, dont 20 Km dans le Rhône.
L’occupation des sols du bassin versant est essentiellement tournée vers l’agriculture qui génère une pollution diffuse. Les cours d’eau sont également les milieux récepteurs de rejets domestiques épurés ou non et localement de rejets industriels (St-Symporien-sur-Coise).
Parmi les usages de l’eau, il convient de citer la production d’eau potable à partir de la retenue de la Montagne sur la Gimond (alimentation de Chazelle-sur-Lyon et Grézieu–le-Marché). L’eau de ruissellement est également captée en de nombreux points du bassin par des retenues collinaires destinées à l’irrigation agricole.

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

Dix communes du bassin versants sont équipées d’un dispositif d’épuration. L’habitat regroupé en hameaux a conduit certaines communes à multiplier les petites stations comme Larajasse avec la station du bourg, celle de l’Aubépin et celle de Lamure. Saint-Symporien-sur-Coise possède la station d’épuration la plus importante du bassin rhodanien, elle traite depuis peu les rejets de Pomeys, Saint-Martin-en-Haut et Coise. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement, financés notamment par le Département.

Une partie des industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.

Par ailleurs, la partie Rhône du bassin de la Coise est constitué de plus de 2000 installations d’assainissement non collectif. Le Syndicat mixte Inter-départemental pour l’Aménagement de la Coise et ses affluents (SIMA Coise) est chargé de contrôler ces dispositifs chez les particuliers.

Une opération de réhabilitation des installations les plus défectueuses est prévue au deuxième contrat de rivière.

Situation piscicole

La Coise est une rivière classée en première catégorie. Elle attire de nombreux pêcheurs par son cadre magnifique. Le relief du bassin versant très vallonné donne lieu à une pêche quelque peu sportive car son accessibilité n’est pas toujours aisée. Elle possède une bonne valeur écologique, la truite, le vairon, le goujon et le chabot s’y développent et utilisent les petits affluents pour se reproduire.

Qualité de l’eau

La qualité physico-chimique
Les eaux de la Coise présentent une teneur importante en minéraux. Les pH correspondent à des eaux alcalines. Lors de la campagne de prélèvement, la température est fraîche malgré les conditions climatiques et un étiage marqué.
La Coise conserve une assez bonne qualité physico-chimique sur les deux campagnes. L’auto-épuration permet d’absorber relativement bien les différents apports et la rivière garde une excellente qualité sur une partie conséquente du linéaire. Cependant, la qualité se dégrade sous l’effet de rejets comme à l’aval de Sainte-Catherine, à l’aval de la confluence avec le Potensinet (qualité moyenne) et à un moindre degré à l’aval de Saint-Symphorien-sur-Coise.
Parmi les affluents étudiés, la Platte est d’excellente qualité, la Gimond de bonne qualité. La Maladière et le Potensinet sont nettement altérés et sont classés en qualité mauvaise (rejets domestiques et rejets diffus à dominante agricole).
Si la pollution azotée reste dans l’ensemble modérée sur la Coise avec les nitrates, elle est nettement plus importante sur les affluents Maladière et Potensinet avec de l’azote ammoniacal, des nitrites, et des nitrates. La pollution phosphorée est importante et concerne l’ensemble du bassin.

La qualité biologique
La qualité biologique de la Coise, de la Platte et de la Gimond amont est excellente à bonne en situation d’étiage. Cependant, les peuplements d’invertébrés montrent sans doute l’influence modérée des différents apports diffus du bassin dont ceux provenant des territoires de Sainte-Catherine et de Saint-Symphorien-sur-Coise. La qualité du Potensinet est moyenne dès la tête de bassin.

Évolution par rapport aux études antérieures

La comparaison avec les données antérieures (Etude GAY, 1993) est délicate car l’hydrologie était bien supérieure à celle de 1999. Cependant, on remarque que la pollution phosphorée forte reste un paramètre constant.

Spécificité

Tout au long de la Coise et ses affluents se trouvent des seuils ou tournées qui, pour la plupart, datent du Moyen-Age. Ils servaient à dériver l’eau dans les biefs pour l’utiliser comme force motrice (moulins) ou pour irriguer les prairies. De Sainte-Catherine à Saint-Symphorien-sur-Coise, la Coise compte 19 seuils.

Département du Rhône