Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | La Brévenne et la Turdine

La Brévenne et la Turdine

Le Département dans le cadre de sa politique environnementale, a décidé de conduire un programme de suivi de la qualité des ces cours d’eau du territoire. En 1999, ce suivi a porté sur 15 sites de prélèvement répartis sur l’ensemble du bassin versant de la Brévenne-Turdine. Depuis, dans le cadre du premier contrat de rivière, des suivis ont été réalisés en 2003 puis 2007 par le Syndicat mixte des rivières Brévenne Turdine.

Présentation

Le bassin de la Brévenne, d’une superficie de 442 km², draine la partie centrale et septentrionale des Monts du Lyonnais.
La Brevenne prend sa source dans le département de la Loire à 560 m d’altitude et rejoint rapidement le département du Rhône où se trouve la quasi-totalité de son bassin versant.
Son principal affluent, la Turdine, naît, à une altitude supérieure, dans le Bois de Favasse, à 710 m d’altitude. D’autres petits affluents comme le Cosne, le Conan, le Trésoncle, le Boussuivre et le Torrenchin ont fait l’objet d’investigations. La Brévenne est le principal affluent de l’Azergues qu’elle rejoint au niveau de lozanne.
L’occupation du bassin amont de la Brévenne est essentiellement tournée vers l’agriculture (élevage). Les secteurs forestiers sont limités aux secteurs les plus élevés du bassin de la Turdine qui présente également une zone viticole correspondant à la limite sud de l’appellation Beaujolais. L’industrie occupe une place importante de l’activité du bassin de la Turdine (industrie textile sur la Turdine, tuilerie sur la Brévenne).

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

31 dispositifs épuratoires sont implantés sur le territoire du bassin versant (lits bactériens, lagunes, boues activées). L’assainissement sur le bassin a été amélioré par des travaux de raccordement, et la mise en service de la station du Buvet, d’une capacité de 10 000 EH, qui vient compléter le parc au côté des stations importantes comme celle de l’Arbresle, de Sainte-Foy-l’Argentière, de Sain-Bel et de Pontcharra-sur-Turdine.

Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Une partie des industries et activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.
Les autres villages du bassin et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

Situation piscicole

La Brévenne et la Turdine sont des rivières classées en 1ère catégorie, cependant les activités économiques dégradent les cours d’eau et perturbent la vie piscicole.
Certains affluents présentent encore de beaux peuplements composés de truites, de goujons, de vairons et même d’une population relique : le barbeau méridional. Cette espèce habituellement rencontrée dans le sud de la France est protégée par l’Union Européenne. Les associations de pêche suivent de très près l’évolution de ces cours d’eau et de cette richesse écologique.

Qualité de l’eau : Paramètres physico-chimiques et biologiques de la Brévenne et de ses affluents

La qualité physico-chimique de la Brévenne est excellente à bonne jusqu’à Sain-Bel. Le cours amont de la Brévenne présente une bonne potentialité biologique.
L’auto-épuration du cours d’eau permet d’absorber les différents apports du bassin (apports domestiques et agricoles). La qualité se dégrade ensuite sous l’influence des rejets de Sain-Bel, de l’Arbresle et de la mauvaise qualité de la Turdine.
La pollution azotée présente un bruit de fond qui est sensible sur les nitrates dès les têtes de bassin (pollution modérée), les rejets domestiques entraînent une pollution azotée plus importante qui traduit une mauvaise minéralisation de l’azote (aval de Sainte-Foy-l’Argentière, de la Giraudière, de Sain-Bel, sur la Turdine en aval de Tarare)

Parmi les affluents étudiés, le Boussuivre, les secteurs aval du Cosne et du Torrenchin sont d’excellente qualité. En revanche, la Turdine est fortement altérée par les rejets à dominante industrielle de Tarare (mauvaise qualité).
La pollution phosphorée est un fait marquant sur le bassin de la Brévenne, elle augmente significativement en aval des principaux rejets. Les teneurs sont importantes dès l’amont de Sainte-Foy-l’Argentière et sur la quasi-totalité des affluents. Elle participe activement à l’eutrophisation des rivières. La Brévenne est classée en zone sensible Phosphore au titre du SDAGE.
Les recherches des éléments métalliques ont montré des pollutions moyennes (M2) au cuivre sur le Boussuivre, à l’arsenic et au plomb sur la Turdine.

Evolution par rapport aux études antérieures

Le précédant bilan effectué en 1992 a été réalisé dans le cadre du contrat de rivière. Les conditions hydrologiques étaient représentatives des conditions d’étiage, ce dernier est plus marqué en 1998, en particulier sur la Turdine.
La qualité était dans l’ensemble plus dégradée en 1992 surtout sur la Brévenne. La qualité était globalement moyenne (classe 2) avec une forte dégradation en aval de Sainte-Foy-l’Argentière (hors classe). Ce constat se retrouve également sur la majeure partie des affluents exceptés sur la Turdine qui reste de mauvaise qualité.

En revanche, il semble que l’amélioration de l’assainissement dans le secteur de Sainte-Foy-l’Argentière / Saint-Laurent-de-Chamousset se répercute sur la qualité observée en aval, en réduisant la charge polluante qui arrive à la Brévenne. Il en est de même à l’aval de Bessenay où la Brévenne présente une excellente qualité.

-Spécificité

Les différentes investigations réalisées dans le cadre de cette étude permettent de préciser la sensibilité des cours d’eau du bassin de la Brévenne aux phénomènes d’eutrophisation. La disponibilité des éléments nutritifs (azote et phosphore) et les caractéristiques morphologiques de ce cours d’eau favorisent les proliférations végétales. L’ombrage est faible à nul sur le cours aval et aussi sur les affluents.
L’eutrophisation concerne principalement les diatomées et les algues filamenteuses qui sont abondantes voire envahissantes.

Perspectives d’amélioration

En 2008, un deuxième contrat de rivière a été signé. Il va permettre de reconquérir une bonne qualité des eaux, de mettre en valeur les milieux aquatiques, de mieux gérer les inondations et d’initier une gestion quantitative et raisonnée de la ressource. La mise en œuvre de ce deuxième contrat est suivie par le Département du Rhône sur l’ensemble du programme d’actions.

Département du Rhône