Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | L’Azergues

L’Azergues

Depuis 1994, le Département réalise en collaboration avec l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerrannée-Corse, un suivi de la qualité des cours d’eau de son territoire. Ce suivi a concerné en 2004 l’Azergues à partir de 20 sites de prélèvement répartis sur l’ensemble du bassin versant.

Les données de deux points appartenant au Réseau National de Bassin ont été intégrées dans l’interprétation des résultats.

Présentation

Exception faite du Rhône et de la Saône, l’Azergues est le cours d’eau le plus important du département du Rhône. Son bassin, d’une superficie de 875 km², draine une partie des Monts du Beaujolais.
L’Azergues est formée par la confluence des deux ruisseaux (l’Aze et l’Ergues) qui prennent leur source dans le massif du Mont Rigaud, respectivement à 900 et 700 m d’altitude. Elle rejoint la Saône en rive droite à Anse, à 165 m d’altitude.
Le Soanan, le Nizy et le Sémanet, affluents en amont de l’Azergues, ont été investigués en plusieurs points de leur cours, alors que la Brévenne, affluent plus important, n’a fait l’objet que d’une recherche à sa confluence avec l’Azergues. La partie amont du bassin se trouve sur un socle cristallin (granites, migmatites) alors que la partie aval se trouve sur des grès (Trias), des calcaires plus ou moins argileux (Jurassique) ou des alluvions récentes.

Dans la partie amont du bassin (au dessus de Letra), les terres agricoles sont assez peu étendues et sont dominées par les prairies. Les boisements y sont très développés.
A l’aval les terres agricoles sont nettement plus étendues et sont occupées par la vigne sur les coteaux et par des terres labourables en plaine.
Les entreprises sont peu nombreuses sur la plus grande partie du bassin versant. Elles sont principalement concentrées sur les communes de Civrieux, Lozanne, Dardilly, Lissieu et Anse.

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

La plupart des agglomérations du bassin possèdent une station d’épuration. Certaines rencontrent des problèmes de fonctionnement. Au total, c’est une douzaine de rejets de station qui se déversent dans l’Azergues ou dans ses affluents. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.
Une partie des industries et activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.

Plusieurs bourgs sont dépourvus d’assainissement collectif. Lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Ces installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

Situation piscicole

La plus grande partie du linéaire des cours d’eau du bassin est classée en première catégorie piscicole. Seule l’Azergues à l’aval de la confluence avec la Brévenne est en seconde catégorie.

Qualité de l’eau

L’Azergues
La qualité globale de l’Aze et l’Ergues puis de l’Azergues jusqu’à la confluence avec la Brévenne est bonne mais toutefois pas optimale ; ce qui traduit sans doute l’existence d’une légère pollution sur l’ensemble du secteur due probablement à des rejets issus de bourgs non raccordés ou de fermes isolées proches d’un cours d’eau ou encore des déjections animales (troupeaux de vaches ayant accès aux rivières). La partie aval de l’Ergues est plus touchée que l’Aze. On note une dégradation à l’aval des systèmes d’épuration comme au niveau de Grandris, de Lamure-sur-Azergues et du Bois d’Oingt (Masson) ou de bourg non raccordé comme Chambost-Allières. Ces secteurs sont classés en qualité moyenne.
Les données du Réseau Complémentaire Pesticides produites par l’agence de l’eau et la DREAL sur l’Azergues à l’aval de la confluence avec le Soanan indiquent des teneurs élevées en pesticides, ce paramètre témoigne d’une classe médiocre. Cette situation provient sans doute de l’agriculture et notamment de la viticulture très développée dans certaines communes situées à l’amont immédiat des cours d’eau.

Le Soanan
La qualité physico-chimique est bonne aux extrémités amont et aval du Soanan alors que dans la partie intermédiaire (vers Saint-Clément-sur-Valsonne) cette qualité est seulement moyenne en raison des teneurs assez élevées en matières phosphorées. Les indices hydrobiologiques confirment cette situation.

Le Sémanet
La qualité physico-chimique est mauvaise sur la plus grande partie du linéaire. Les matières phosphorées, azotées et les nitrates sont retrouvés de façon abondante. La qualité hydrobiologique est moyenne voire médiocre sur cet affluent. Les mesures de débits ont révélé des débits plus faibles à l’aval de Civrieux d’Azergues qu’à l’amont, ce qui a probablement pour origine soit l’existence de prélèvements d’eau, soit des infiltrations dans le lit.

La Brévenne
Le point de prélèvement de la Brévenne, situé avant la confluence avec l’Azergues, montre une qualité physico-chimique médiocre : on y retrouve des matières phosphorées auxquelles s’ajoute la présence assez abondante de nitrates et de matières azotées. La qualité biologique est seulement moyenne. Les données du Réseau Complémentaires Pesticides de l’agence de l’eau et de la DREAL indiquent la présence de pesticides en quantité significative et donne une qualité moyenne de la Brévenne à Sain Bel.
Notons enfin que la proportion du débit de la Brévenne par rapport à l’Azergues à l’amont de la confluence est de 56 % lors de la campagne d’août et de 91 % à la fin septembre, engendrant un impact important de la Brévenne sur la qualité à l’aval de l’Azergues.

L’Azergues après la confluence avec la Brévenne
Les qualités physico-chimique et biologique sont moins bonnes que dans le tronçon amont et se situent à un niveau moyen voire médiocre, en raison des teneurs élevées en matières phosphorées et d’un échauffement excessif des eaux dans la partie aval. Les nitrates sont par ailleurs assez abondants. La dégradation de la qualité provient sans doute en grande partie des apports de la Brévenne dont la qualité est nettement moins bonne que celle de l’Azergues et dont la contribution en termes de débit est importante. Les nombreux rejets localisés dans le secteur (Lozanne, Chazay, Marcilly, Les Chères) ainsi que l’apport du Sémanet expliquent la difficulté de récupération du cours d’eau.
Un site du réseau national de bassin situé à l’amont d’Anse met en évidence une forte contamination par les pesticides, une teneur élevée en HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) et une présence significative en micropolluants minéraux (métaux). Il est difficile de définir l’origine de ces apports de pollution de part leurs multiples utilisations.

Evolution par rapport aux études antérieures

Les études successives de l’Azergues menées en 1993, 1998 puis 2004 ont montré une amélioration significative de la qualité de l’eau. Les pollutions classiques (matières organiques, azote, phosphore…) sont en diminution. Ce phénomène permet à l’Azergues de gagner une classe sur l’échelle de qualité pour l’ensemble du linéaire.
Les indices hydrbiologiques confirment cette évolution. La qualité de l’eau est classée « bonne » sur les trois quarts du linéaire, des sources jusqu’à Lozanne, ensuite de Lozanne à la Saône, le tronçon aval est classé « qualité moyenne et médiocre ». L’apport des eaux de la Brévenne et du Sémanet à ce niveau a un impact fort sur l’Azergues. Les secteurs où l’hydrobiologie est fragilisée, comme à l’aval de Grandris et de Chambost-Allières, correspondent à un défaut de l’assainissement. La qualité est mauvaise dans les cours d’eau où le débit est faible par rapport à celui des rejets, comme sur le Nizy et le Sémanet.
Il est intéressant de souligner que les têtes de bassin n’atteignent pas une très bonne qualité. Ce caractère non optimal de la qualité peut être lié à l’existence de villages à proximité des cours d’eau et d’une légère pression polluante due à des rejets issus de fermes, de petits hameaux ou des déjections animales (troupeaux de vaches ayant accès aux ruisseaux).

Perspectives d’amélioration

Le Syndicat Mixte pour le réaménagement de la Plaine des Chères et de l’Azergues est la structure porteuse du contrat de rivière Azergues qui courait de 2004 à 2010. Différents objectifs étaient ciblés et tous vont dans le sens de la préservation de la rivière :
contribuer à l’amélioration de la qualité de l’eau superficielle et souterraine,
réaliser des actions d’aménagement et restauration des cours d’eau,
mettre en place une gestion équilibrée et durable des milieux naturels et des usages,
renforcer la concertation entre les acteurs publics et privés,
veiller à la mise en cohérence des outils de gestion de la ressource en eau et des procédures d’aménagement du territoire et du développement durable.
Ce contrat touche à sa fin en 2010 et va faire l’objet d’une étude bilan. Dans ce contexte, le Département du Rhône a été sollicité pour mener à nouveau le suivi qualité de l’Azergues et de ses affluents en 20 points de prélèvement, durant toute l’année 2010 et au cours de 4 campagnes (contre 2 dans la présente étude). Les conclusions cette étude apporteront des informations importantes au Syndicat pour l’élaboration d’un éventuel deuxième contrat de rivière.

Carte
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Ouvrir la carte de qualité physico-chimique et hydrobiologique des eaux de l’Azergues

Département du Rhône