Qualité des rivières
dans le Rhône


Retour à la carte générale
Liste des rivières | L’Ardières

L’Ardières

Ru de St Didier - Ru du Samson – Morcille - Le Penet – l’Ardevel

L’étude de la qualité des eaux de l’Ardière a été effectuée en 2008 à la demande du Département à partir de 13 stations de prélèvement répartis sur l’ensemble du bassin versant.

Présentation

L’Ardières s’écoule sur un linéaire de près de 29 kilomètres et conflue en rive droite de la Saône au niveau de Belleville-sur-Saône. Quatorze communes sont drainés par ce cours d’eau.

Son bassin versant d’une superficie de 220 Km², est le plus grand du Beaujolais viticole : il se caractérise par la vigne (de Beaujeu à la confluence avec la Saône), des prairies de fauches et de pâturage, et quelques zones urbaines et industrielles. L’agriculture et plus particulièrement la viticulture est l’activité dominante du bassin versant.
Le cours d’eau prend sa source au niveau des Patoux à 850 m d’altitude. Sur sa partie supérieure, l’Ardières s’écoule dans des vallées très encaissées du Beaujolais. En amont de Cercié, la rivière débouche dans la vaste plaine alluviale de la Saône. Son principal affluent est le ruisseau du Samsons mais de nombreux autres petits cours d’eau comme le ruisseau de St Didier, le Penet, l’Ardevel, la Morcille viennent l’alimenter.
La nature du terrain et sa configuration se traduit par d’importants dépôts de sable dans le lit du cours d’eau.

Assainissement

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).
Sur le bassin versant, plusieurs stations d’épuration rejettent directement dans l’Ardières. Les communes de Beaujeu, de Quincié-en-Beaujolais, de Lantigné et Régnié Durette se sont équipées d’une station d’épuration. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.
Une partie des industries et activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.
Les autres villages du bassin et les fermes isolées possèdent un assainissement de type autonome. En effet, lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Ces installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

La situation piscicole

L’activité piscicole, qui concerne essentiellement la partie amont du bassin, devient sporadique à l’aval de Saint Vincent. Sur le premier secteur, classé en première catégorie, sont identifiées des zones à truites et à loches franches. L’ombre commun est lui présent en amont de St-Jean-d’Ardières. Ce second tronçon classé en deuxième catégorie accueille temporairement des chevennes, vairons, loches franches, gougeons, blageons, tanches, gardons, perches soleil.

Paramètres physico-chimiques

La qualité globale retenue sur l’Ardières est moyenne, mais la situation de ces affluents est plus contrastée :

L’Ardières :
L’amont du bassin montre la présence de matières en suspension, ce qui semble être accidentelle et induit par l’activité de pâture des animaux dans le secteur. Sur le reste du linéaire, la qualité est moyenne jusqu’à la confluence avec la Saône.
Les phosphates deviennent le principal paramètre déclassant, provenant d’apports d’origine agricoles et domestiques. La présence de Sphaerotilus dans la partie aval de l’Ardières témoigne d’un apport assez régulier de charge organique, relatif à l’agriculture du secteur.

Les ruisseaux de St Didier, du Penet et du Samson :
Ils sont de bonne qualité globale sauf sur l’aval du ruisseau du Samson. Celui-ci est fortement dégradé, la qualité devient « mauvaise », du fait de l’augmentation des teneurs en phosphates. De plus, l’impact sur l’Adières est significatif car les débits de ces ruisseaux et celui de l’Ardières sont semblables à ce niveau, l’Ardières n’apportant donc pas de dilution. Par ailleurs, ce secteur est également marqué par la présence des Sphaerotilus.

L’Ardevel est classée en « mauvaise » qualité. Les matières en suspension sont très perturbantes et dans une moindre mesure les phosphates. La présence de Sphaerotilus est à souligner.

La Morcille est de « moyenne » qualité générale, l’azote est le paramètre déclassant. Il témoigne sans doute d’apports diffus agricoles ou domestiques.

Par ailleurs, sur l’ensemble du bassin versant de l’Ardières, les investigations sur la pollution métallique ont révélé un degré de contamination élevé en arsenic : la qualité de l’ensemble du bassin est donc « médiocre ». Les concentrations en arsenic peuvent laisser supposer une double contamination, naturelle et anthropique.

Paramètres biologiques

Si l’on s’intéresse à l’ensemble du bassin versant (Ardières et affluents), la qualité biologique de référence « très bonne » est obtenue dans la partie amont du bassin puis celle-ci se dégrade légèrement mais reste « bonne » sur une grande partie du linéaire. Les rejets des stations d’épuration semblent avoir peu d’impacts, cependant on constate une déstructuration progressive des peuplements benthiques.
Seul le point de prélèvement en fermeture de bassin passe en qualité « moyenne » dans un secteur plus anthropique.

Le ruisseau du Samson présente une « bonne » qualité biologique en amont, une dégradation sensible est révélée à la confluence avec l’Ardières, notamment en raison de la présence de Sphaerotilus.
Les affluents de l’Ardières en rive gauche sont de qualité biologique « médiocre ». Le peuplement d’invertébrés est fortement influencé par les rejets des stations d’épuration, notamment sur le Penet et l’Ardevel, affluents de l’Ardières, du fait de leurs faibles débits, et par la présence de Sphaerotilus sur la Morcille et l’Ardevel d’autre part. Dans tous les cas les faibles écoulements et le colmatage du substrat contribuent sans doute à cette perte biologique.

Évolutions par rapport à l’étude de 1995

Malgré des conditions plus favorables en 2008, la qualité globale physico-chimique de l’Ardières ne semble pas s’être améliorée puisque deux points sont en qualité « mauvaise » et la « bonne » qualité n’est jamais atteinte contrairement à la campagne de 1998.
Les matières en suspension semblent être problématiques et récurrentes dans ce bassin. Les phosphates sont nettement plus déclassants en 2008 malgré des conditions hydrologiques plus favorables. Ce phénomène, non expliqué dans le cadre de cette étude, fera l’objet de réflexions plus poussées dans le cadre du contrat de rivières. La concentration des nitrates n’a pas évoluée depuis dix ans.
La qualité biologique semble s’être améliorée depuis 1995, en attestent les écarts significatifs des indices IBGN. Cependant, il est difficile de conclure que ce phénomène est ponctuel ou au contraire réel et durable.

Perspectives d’amélioration

Les 2 stations impactant les affluents de l’Ardière ont ou vont faire l’objet de travaux de réhabilitation afin de limiter leurs impact sur le milieu.

L’Ardières est une rivière du Beaujolais viticole. L’élaboration du vin nécessite beaucoup d’eau. Au fil des procédés de fabrication, cette eau se charge en sucres, couleur, tanins, acide tartrique, potassium ainsi qu’en alcool, glycérols et esters. Les effluents vinicoles rejetés dans la rivière consomment de grandes quantités d’oxygène pour dégrader la matière organique. Si la quantité d’effluent est trop importante, les poissons meurent par asphyxie.

Afin d’aider les viticulteurs à traiter leurs eaux de lavage pour qu’elles ne soient plus rejeter directement dans le milieu naturel, le Département du Rhône, l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, et la Région Rhône-Alpes ont mis en place un programme départemental pour le traitement des effluents vinicoles. La réalisation de ce programme devrait contribuer fortement à la réduction des pollutions vinicoles sur le secteur du Beaujolais.

Par ailleurs, les rivières du beaujolais vont faire l’objet d’un contrat de rivières. Pour la première fois, l’ensemble des études et des actions ayant pour but de protéger les rivières du Beaujolais seront traduites dans un contrat, porté par le Syndicat mixte des rivières du Beaujolais (SMRB). Les études préalables sont en cours et la signature est attendue pour 2010.

Département du Rhône