Qualité des rivières
dans le Rhône


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Liste des rivières | Étude globale des bassins du Marverand, Nizerand et du Morgon

Étude globale des bassins du Marverand, Nizerand et du Morgon

Dans le cadre du suivi qualité des cours d’eau conduit par le Département du Rhône, une étude a été effectuée en 2007 sur l’état général de la qualité des eaux des bassins versants du sud Beaujolais : Marverand, Nizerand et Morgon. 28 sites répartis sur l’ensemble des bassins versants dont 7 points sur le Marverand ont été prélevés pour ce suivi qualité.

Présentation

Le petit bassin versant du Nizerand est situé en limite du département entre les Monts du Beaujolais et la plaine alluviale de la Saône. Il est d’une superficie de 30 km². Le Nizerand conflue avec la Saône au nord de Villefranche-sur-Saône. Il prend sa source sur la commune de Rivolet à une altitude de 625 m, son linéaire est de 16 km.
Le bois est la principale occupation des sols du secteur amont, sa valeur écologique est bonne.
Ce bassin se distingue par un relief montagneux, abrupte avec une pente moyenne de 56%. Le secteur intermédiaire possède une pente modérée et devient propice à la culture puis le secteur aval s’élargit pour former une plaine L’occupation des sols est principalement consacrée à l’agriculture qui est largement représentée par la vigne.
A l’approche de Villefranche sur Saône, l’urbanisation devient plus importante et s’accompagne d’une anthropisation du cours d’eau (il se trouve parfois canalisé ou souterrain et traverse la zone industrielle d’Arnas).

Assainissement du bassin versant

Les rejets domestiques sont, quand ils ne sont pas ou mal traités, une source de pollution non négligeable des cours d’eau (matières organiques, nitrates, phosphore, …).

En 2002, année de la première étude, les communes de Rivolet et Denicé étaient équipées de dispositifs épuratoires anciens, aux traitements parfois insuffisants. En 2007, une nouvelle station a été mise en eau pour recueillir les effluents du secteur. Face aux investissements lourds que les systèmes d’assainissement (réseaux "tout à l’égout" et stations d’épuration) représentent et du fait de la technicité de ces systèmes, le Département du Rhône et l’Agence de l’eau accompagne les collectivités en subventionnant des travaux de construction ou d’amélioration des équipements et en mettant à leur disposition un Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Station d’Épuration (SATESE), qui leur apporte aide et expertise technique pour le fonctionnement optimal de leurs outils d’assainissement. Une diminution des matières organiques présentent dans les cours d’eau permet de mesurer l’impact positif sur la qualité des eaux superficielles des travaux sur l’assainissement financés par le Département.

Une partie des grosses industries et des activités agricoles sont raccordées au réseau d’assainissement des collectivités et bénéficient de ce service. L’assainissement implique donc, également, l’ensemble des acteurs économiques locaux à l’origine ou non de rejets dans le milieu naturel.

L’habitat reste diffus jusqu’au cours moyen de la rivière. Lorsque l’habitat est trop dispersé, le coût de raccordement à une station d’épuration est trop élevé. Les eaux usées ne peuvent cependant pas être rejetées dans le milieu naturel sans traitement. Les foyers non raccordés à un réseau de collecte des eaux usées doivent donc obligatoirement être dotés d’un système d’assainissement autonome dont les installations seront maintenues en bon état de fonctionnement.

Les installations font l’objet de contrôles périodiques par les Services Publics d’ Assainissement Non Collectifs (SPANC). La mise en conformité progressive de ces installations permet une amélioration des rejets et de la qualité des eaux.

Situation piscicole

Le Nizerand constitue une jolie rivière de 1ère catégorie piscicole. Les eaux fraîches de la haute vallée accueillent une belle population de truites sauvages qui satisfera pleinement les pêcheurs sportifs en quête de sensation. Comme la plupart des cours d’eau du Beaujolais, la partie avale de la rivière accuse certaines perturbations dues aux activités humaines, notamment liés à l’exploitation du vignoble. Vairons, gougeons et autres chevesnes seront alors au rendez-vous des pêcheurs désireux de déguster une bonne friture. (Source : Fédération départementale de pêche du Rhône).

Qualité de l’eau

Année 2007
Les nuisances observées en 2007 semblent moins importantes, mais rappelons que les débits de cette année ne sont pas comparables à ceux de 2002.
Les principales altérations observées sur le bassin du Nizerand restent modérées ainsi laqualité physico-chimique est « bonne » presque jusqu’à sa confluence avec la Saône. Les nitrates sont déjà un facteur limitant en tête de bassin et dans une moindre mesure les phosphates. Les activités agricoles prépondérantes du secteur entraînent une pollution de fond modérée. La qualité de l’eau est « bonne ».
Dans ce secteur, une analyse de métaux sur sédiment a montré une pollution forte, qualité « médiocre » pour l’arsenic, le cuivre et le zinc. Ces composés sont notamment contenus dans les pesticides utilisés en agriculture.
La perturbation par les phosphates à l’aval de la zone industrielle est toujours présente, l’existence de rejets dans ce secteur semble se confirmer.
La qualité biologique est « bonne » en tête de bassin et se maintient sur une grande partie du linéaire du cours d’eau jusqu’à la zone d’activité industrielle. A ce stade la qualité devient « moyenne » avant la confluence avec la Saône.

Année 2002
Laqualité physico-chimique du Nizerand était bonne jusqu’à l’amont de Rivolet. Ensuite, les activités humaines perturbant fortement le cours d’eau, la qualité en était nettement altérée.
Les formes de pollution sur la rivière étaient l’azote, le phosphore et les produits phytosanitaires.
La pollution azotée sous forme de nitrate était présente dès la source. Ces apports restaient faibles, ils proviennaient des rejets diffus de l’agriculture (prairies). Les rejets domestiques riches en composés organiques étaient une dégradation supplémentaire en azote et phosphore que l’on trouvait au niveau de Rivolet et Denicé.
On remarquait l’augmentation des rejets domestiques lors de la période des vendanges en relation avec l’accroissement de la population. Dans sa traversée de la zone péri-urbaine, le Nizerand reçevait des rejets diffus qui perturbent fortement sa qualité.
La qualité biologique était fragilisée par la nature des sols et du relief. Le ruissellement des terrains en pente et l’érosion des terres entraînaient le sable et le limon dans le cours d’eau et colmataient les fonds. Les divers habitats de la faune aquatique disparaissaient ainsi. Ce ruissellement entraînait aussi les produits phytosanitaires toujours actifs dans le cours d’eau. La viticulture n’estpas la seule activité qui génère des produits phytosanitaires. Les jardins des particuliers, les parcs, la voirie, les voies ferrées sont aussi des sources potentielles de pollution.

Évolution par rapport aux études antérieures

En conclusion, si la situation biologique reste stable et correcte, la situation physico-chimique ne semble guère avoir évoluée par rapport à l’étude de 2002 et reste préoccupante. Ainsi, les points critiques et les composés mis en cause restent inchangés. Les cultures sur un relief abrupt associées au ruissellement constituent la particularité difficilement contrôlable de ce bassin.

Spécificité

Le Nizerand est une rivière du Beaujolais viticole. L’élaboration du vin nécessite beaucoup d’eau.
Au fil des procédés de fabrication, cette eau se charge en sucres, couleur, tanins, acide tartrique, potassium ainsi qu’en alcool, glycérols et esters. Les effluents vinicoles rejetés dans la rivière consomment de grandes quantités d’oxygène pour dégrader la matière organique. Si la quantité d’effluent est trop importante, les poissons meurent par asphyxie.

Afin d’aider les viticulteurs à traiter leurs eaux de lavage pour qu’elles ne soient plus rejeter directement dans le milieu naturel, le Département du Rhône, l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, et la Région Rhône-Alpes ont mis en place un programme départemental pour le traitement des effluents vinicoles. La réalisation de ce programme devrait contribuer fortement à la réduction des pollutions vinicoles sur le secteur du Beaujolais.

Perspectives d’amélioration

Les rivières du beaujolais vont faire l’objet d’un contrat de rivières. Pour la première fois, l’ensemble des études et des actions ayant pour but de protéger les rivières du Beaujolais seront traduites dans un contrat, porté par le Syndicat mixte des rivières du Beaujolais (SMRB). Les études préalables sont en cours et la signature est attendue pour 2010.


Carte à venir

Département du Rhône